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Figures nues, collection de quatre monologue avec préface de Valère Novarina, disponible chez les éditions ThTr, 8 avril 2015.

« L’écriture théâtrale qui définit ces textes n’est aucunement régie par les lois du genre dramatique. Elle opère au contraire à la genèse de l’écriture, quelle qu’elle soit. Traversée d’énoncés performatifs plutôt que mimétiques, elle œuvre davantage à jeter de l’ombre, par sa simple énonciation, que de la lumière sur le propos de son énoncé. Elle appelle la matérialité immédiate de la langue plus qu’elle ne cherche à s’effacer par transparence linguistique. Cette théâtralité rappelle aussi le lien le plus intime qu’entretient l’écriture à l’art plastique. Elle conjure la plasticité de la langue originelle, fébrile, parsemée de nerfs, lésée de part et d’autre, sensible. Elle manie la matière de la langue pour mieux la travailler du dedans. Après Artaud, Novarina, ou peut-être même Koltès, il n’est plus question de refouler la dimension profondément tactile de l’écriture, autant sur le plan lexical que syntactique. Il y a surtout urgence à affirmer cette pression subie par la langue qui bute contre ce qui ne cesse de lui résister. L’écriture se façonne alors par cette résistance intérieure, adoptant une forme et une texture toutes singulières, par éruptions rythmiques, successives, imprévisibles. »

A. E.

 

Lettre de Valère Novarina à Amin Erfani, 8 avril 2015.